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Nous allons vivre un "petit" pèlerinage tour du monde, UN tour à DEUX à QUATRE roues... à la découverte de toi, de moi, à la rencontre des autres, à la suite du Christ et du Bouddha, sur les terres d'ici vers un là-bas...

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Une grâce en appelle une autre...

25.8.2010.Anges Madre Daria et Padre Matteo and sisiters

L’étape suivante programmée par nos amis avait été quelque peu ambitieuse, vus les kilomètres, les dénivelés et la chaleur qui nous obligèrent à faire plusieurs pauses. Au bout d’une xième longue montée, un clocher et un couvent plantés au milieu de « nulle part » nous inspirèrent la halte du soir. Après avoir sonné, une religieuse nous indiqua la communauté des Sœurs de Saint Vincent, non loin de là. La traversée de la gare, l’attente patiente du retour de la mère supérieure, la « patte blanche » à montrer (oui, pour la première fois, le « passe » émis par l’évêché fut bien utile !), eurent leur douce récompense ! Au bout d’une heure, nous avions une petite chambre, deux lits, avec le miracle de vrais draps, une douche, et, le tout « vue jardin » d’où un petit chemin dégoulinait jusqu’à la mer. Sœur Daria nous incluait spontanément au repas du soir. La maison accueillait une session de prêtres salésiens et un groupe de discussion dirigé par le Père Matteo, en lien avec les drogués-alcooliques. La messe de 7h00 le lendemain ne manqua pas de célébrants !

Ce moment fut au-delà de nos attentes ! Au petit déjeuner, la mère supérieure vint nous annoncer qu’elle partait en famille pour la journée, mais que si nous le souhaitions, nous pouvions rester nous reposer et ne repartir que le lendemain… Cette invitation -tout de même rarissime- fut saisie au vol, vous pouvez l’imaginer ! Quel bon moment de repos, de lecture, de marche, de plage (les nombreuses méduses violettes flottant au bord de l’eau nous avaient dissuadés d’y faire un plongeon), de ressourcement spirituel et terrestre (ô, comme on mange bien chez les petites sœurs !)

26.8.2010.Le-futur-Pere-Elisia-de-Cecina.JPG 

La destination de Cecina, où nos amis avaient jalonné notre arrivée depuis deux jours, fut enfin atteinte ! Don Osvaldo nous confia à la Santa Famiglia, église moderne où nous étions hébergés auprès d’Elisia, membre de la communauté Shalom, et futur prêtre de son pays, le Brésil. Après avoir fait nos petites courses et nous avoir concocté un plat à la française, nous repartions « à l’inconnu », mais, dans les mains de Dieu.

Les allées de pins le long de notre route nous offraient un ombrage apprécié. Au loin, les collines, les vergers et les parcelles d’oliviers, couleur argent, peignaient une toile de maître, signée de la main du Créateur. La chaleur était en cette fin de mois d’août encore torride et la crème solaire plus qu’utile ! Entre la fragrance fruitée dégagée des figuiers, celle, plus désagréable, des brochettes de poubelles publiques éveillait nos narines ! En fond de ce décor, la mer déployait son bleu. Nos pauses pique-nique et « cache-soleil » des heures les plus chaudes étaient comme « inspirées » à William. Avec notre véhicule long, les plages privées, le sable impraticable pour nos vélos, rien n’était évident. Et pourtant, il se débrouillait toujours pour nous installer un abri de fortune sur un coin de plage publique ! Certes, il fallait parfois discuter les interdictions formelles des garde-côtes ou faire l’attraction des baigneurs ; peu importe…

25.8.2010.En allant vers Cecina (2) 

La mer déchaînée n’empêchait pas William d’y trouver un fou plaisir alors que quelques brasses dans une eau tranquille me ravissaient ! Je découvrais mon homme sous d’autres traits, celui d’un « homme-dauphin » : une heure, deux heures au large, à faire « son grand bleu », épousant les vagues, jouant avec les rouleaux alors que le drapeau rouge était hissé. 

Quant à la générosité des Italiens, nous pensons souvent à toi, Stefano ! Dommage que nous n’ayons quasiment aucun contact avec les « locaux ». L’accueil ne se fait pas « spontanément », et même pour planter notre tente dans un coin de champ, il faut user de « parola ». Heureusement, les clochers sont nombreux et les églises abritent souvent un prêtre. L’option « salle paroissiale, en dur ou à la belle » est alors qualité-prix imbattable, alliant la sécurité pour nous et le matériel… Les échanges avec les curés sont malheureusement sommaires. Aussi, est-il bon de rencontrer, à Follonica, une religieuse bénédictine d’origine congolaise, sœur Benedicta, (dont la sœur habite à Strasbourg !), ou des frères franciscains, à Grosseto, qui nous permettent de vivre avec eux un brin de partage, en plus d’une célébration eucharistique et d’un abri !

Mais, il est vrai qu’à 35 ans passés, le petit confort, aussi minime soit-il, est fort apprécié ! Alors, au bout d’une semaine sans douche, à la dure, avec à proximité chaque soir une animation « musique à fond la caisse » (les Italiens font la fiesta tout l’été), nous commencions à rêver d’une vraie nuit… Pour compenser cela, William avait définitivement troqué sa choucroute royale contre les indétrônables pizzas ; quant à moi, j’optais les yeux fermés pour les gelati de toutes sortes du moment qu’elles affichaient « artigianale ».

Un point d’interrogation survint à ce moment-là, alors que la route devenait dangereuse pour nous : seule la Via Aurelia desservait le tronçon Grosseto-Civitavecchia. Au bout de 20 km sur cette voie, entre camions et véhicules circulant largement au-delà des 70 ou 90km/h autorisés, nous quittions cette folie pour nous retrouver à Albinia. Midi passé, nous recherchions vainement un morceau de plage publique où nous pourrions improviser un casse-croûte et un plongeon.

30.8.2010.Le 'prophete tetra' de la plage d'Albinia 

 A peine installés, un homme vint vers nous, sans doute attiré par nos croix de pèlerins ! Il nous aborda par des paroles de… « prophète », sortant un rosaire de sa besace. Décelant le regard vaillant dans l’un, l’âme mystique dans l’autre, nous échangions richement -oui, oui, en italien… ou plutôt nous « devinions » car en deux semaines, nos rudiments d’italien étaient encore au stade de balbutiement-. Guiseppe proposa de continuer notre discussion, chez lui à quelques pas de là, devant un « caffè » à 16h00. Cette rencontre ressembla à une vraie palette de peintures : couleur de paroles d’évangile, couleur d’expériences bouddhistes, couleur de quelques initiations, couleur d’inspirations, couleur de géométrie de l’espace… Cet homme au grand cœur, interconfessionnel, voulut nous chaperonner jusqu’à la paroisse d’Albinia. Il enfourcha sa bicyclette pour ouvrir le « convoi exceptionnel », restant auprès de nous jusqu’à s’assurer du lieu où nous passerions la nuit ! Un coup de fil au prêtre, un peu d’attente et, une nuit en foyer paroissial… pour la xième fois animée d’un concert de fin d’été qui… n’en finissait pas ! Nous étions lundi, le 30 août. 

Le lendemain matin, la décision de prendre un train fut alors plus que sage. Vraiment, le « tuyau » est à faire passer à tous les futurs pèlerins qui souhaiteraient s’aventurer sur cette voie. « Soit on atteint directement l’objectif du lieu, soit on atteint directement Dieu », dixit mon William ! A la sortie de la gare de Civitavecchia, en milieu d’après-midi, après avoir casse-croûté sur un banc, le vent de dos, nous tracions quelques 45 bornes. Les fesses bourrues, la fatigue accumulée, mon petit homme prit la douce résolution de nous offrir une soirée « hôtel-bord de mer ». Et, ô comble, quelle ne fut pas notre joie, quand la musique d’une fiesta privée à quelques pas de là, commença à retentir ! C’était le 31 août, enfin, dernier jour de vacances avant la reprise du travail des Italiens ! Mais peu importe : un bon lit, une bonne douche, une baignade en perspective… Que du bonheur !

31.8.2010. AU SECOURS encore des décibels Italiennes

 

Notre quotidien, même s’il devient, par la distance, loin de vos réalités, ne nous laisse pas dans l’indifférence.

29 août - Sœur Marie-Laure célèbre un grand moment dans sa vie de carmélite : elle prononce ses vœux définitifs ! Que Dieu la comble de Ses largesses !

1er septembre - Ma grand-mère est enterrée, après de longues souffrances. Que Dieu l’accueille dans Son royaume d’Amour !

2 septembre - Hélène, Emeric, Baptiste… et tant d’autres parmi vous, (ou depuis quelques temps déjà) reprennent le chemin de l’école, du travail… Que Dieu soit votre Source de courage, de bonheur, et vous accompagne tout au long de cette année scolaire…

2 septembre… Cette date est aussi une date pour William et moi !

Après de nombreux kilomètres, après de douloureux dénivelés, après une dangereuse et torride arrivée, au cœur de l’inconnu, de l’imprévu…

2.9.2010.Piazza San Pietro (3) 

R O M A !

Enfin te voilà !

Rome, ville éternelle,

Cité aux mille et un clochers !

Où tant de croix s’élèvent vers le ciel,

Où tant de joies se construisent, même cachées,

Halte de nombreux pèlerins,

Grande étape pour nous, sur LE chemin…

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