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Nous allons vivre un "petit" pèlerinage tour du monde, UN tour à DEUX à QUATRE roues... à la découverte de toi, de moi, à la rencontre des autres, à la suite du Christ et du Bouddha, sur les terres d'ici vers un là-bas...

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Il Signore sia con voi

18.8.2010.Anges-Marie-Luc-et-Marie-pierre.JPG

Qui l’eut crut ? Une connexion depuis chez les sœurs Clarisses de Marseille !

Mais avant tout, un tout gros merci à tous ceux qui nous envoient commentaires, précieux dons, prières, mails perso auxquels nous avons du mal de répondre individuellement, car la connexion n’est pas toujours évidente et les soirées ne sont pas extensibles !

O miracle ! Rendez-vous compte… Il y a 15 ans de cela, faisant partie d’une troupe d’évangélisation par l’art, ces mêmes sœurs avaient accueilli notre groupe « Eglise de Lumière » ! Dieu est riche en surprises... et Marseille si grand en ruelles… comment pouvais-je me souvenir de l’adresse ? 

Nous nous trouvions à un carrefour ! Carrefour de notre route, carrefour de nos deux cœurs, un peu perdus. Un petit mistral était venu nous « bousculer » intérieurement. En plus d’une « mise au point » personnelle, nous devions prendre une décision quant à la suite de notre itinéraire : montée éprouvante jusqu’à Cassis sur 10 km, suivie de la chaîne des Alpes qui se jette régulièrement sur la côte. Allions-nous continuer en vélo sur un parcours trop touristique à notre goût, jalonné de difficultés géographiques, d’obstacles de nuitées, de décalage de niveau de vie ? Allions-nous prendre un train ? Un bateau ? Nous nous élancions dans une direction qui ne fut vraisemblablement pas la bonne.

On stoppa net William et moi, certainement sous l’impulsion du souffle de l’Esprit, sûrs qu’il nous fallait nous poser, pour reconsidérer la décision : et pourquoi pas prendre du temps pour nous, et aller visiter Cassis et ses magnifiques calanques, en train, le lendemain ? Cela impliquait bien sûr de loger une nuit encore sur Marseille car la fin de l’après-midi approchait. Nous prenions alors la direction de la gare.

A la croisée d’un passage piéton, une religieuse traversa la rue. Je m’élançai vers elle, alors que William stoppa plus loin, sans savoir ce qui se tramait. Un sentiment fort me parcourut le cœur : n’était-ce pas une Clarisse qui fut déjà sur ma route, 15 ans auparavant ? Je crois que le Seigneur collectionne ses petites nonagénaires pour nous !  Et, oui, sœur Marie-Louise, du haut de ses 90 ans, nous ouvrit miraculeusement le chemin qui mène à la porte du couvent, aidée par sœur Marie-Luc qui acheva de convaincre la mère supérieure. (Elles avaient été cambriolées par des « soi-disant » pèlerins quelques semaines au préalable…) Mais Dieu savait mieux que nous ce dont nous avions réellement besoin ! Une soirée pour poser les choses, se poser et se reposer, dans Sa main. 

  18.8.2010.Les bagages en italie

Le lendemain, le mercredi 18 août, nourris de la messe et du petit-déjeuner, après un au-revoir à notre « trio » dont la sœur Marie-Pierre, et un dernier au-revoir à la France, nous prenions le train en direction de l’Italie. Cinq changements, aussi épiques que sportifs jusqu’à La Spezia, ville où nous jugions convenable de reprendre l’aventure. Arrivée : minuit et demi ; opération : recherche rapide d’un hôtel « bon marché »… no comment ! 

Nos premiers kilomètres italiens nous firent apprécier la conduite de ces locaux : vigilance, distance de sécurité… Quant aux cyclistes, j’avais déjà reçu une impulsion dans le dos pour me faire gagner quelques mètres ! Les encouragements étaient variés, chaleureux de sourires, tout du long du chemin. Tel n’était pas l’état des bas-côtés de route… quelque peu insalubres pour synthétiser.

19.8.2010.Enfin l'italie

Notre première nuit se passa le long du canal entre pêcheurs nocturnes et patrouilles d’hélicoptères. Le vent fouettait la tente. Le ciel couvert du matin ne tarda pas à verser quelques gouttes de pluie. Confiants, nous nous élancions, entre flaques d’eau, figuiers, vignes et vergers, laissant peu à peu apparaître un soleil qui devint vite brûlant. Puis, un autre décor : nous arrivions sur les bords de mer italiens. 

Notre halte pique-nique fut vite et bien trouvée : des pins parasol nous offrant l’ombre nécessaire, un tapis de sable mêlé de touffes d’herbe et, au loin, la mer ! Ce bout de plage publique fut, sans le  savoir, inespéré, car devaient suivre ensuite des kilomètres de splendides parcelles privées. Vous vous imaginez donc quel fut le plaisir de notre premier plongeon dans la grande bleue, même si nous tirions la courte paille pour savoir lequel de nous deux serait le premier ! Et oui, point possible de laisser nos cinq roues seules pour savourer ensemble ce moment !

Le paysage que nous offrait la suite de la journée nous enchanta : de part et d’autres des allées de lauriers roses, les cimes suspendues dans le ciel des Alpes italiennes d’un côté, les reflets du soleil couchant sur l’immensité imposante de la mer de l’autre. Au cœur de cette poésie, la question cruciale du jour ne nous était pas épargnée : comment envisager de passer la nuit ? Entre plages privées à droite, à perte de vue, et villas ou hôtels « royaux », à gauche, le choix s’articulait entre celui de faire encore moult bornes pour dépasser cette zone touristique sans savoir ce que nous trouverions ensuite ou s’enfoncer dans les ruelles, à l’inconnu… William stoppa alors net, me demandant de prendre, ce soir-là, la décision.

21.8.2010.Une beauté cachée de 1979 

J’étais à la troisième dizaine de mon chapelet. Un homme à bicyclette sortit d’une plage privée et prit, spontanément, place entre nous deux. Sans réfléchir, je lui demandais s’il parlait français : la chance nous souriait ! Mais, elle n’était pas la seule à nous sourire ! Son regard pétillait de lumière… Etait-ce la Vierge Marie qui souriait en lui ? Et, dans mon cœur, je confiais à Dieu cette rencontre. Puis, après lui avoir présenté notre situation, il se mit à penser. Son regard se posa à deux reprises fermement sur mon vélo. C’est à ce moment-là qu’il nous proposa les deux lits de sa maison ! Il venait de découvrir ton chapelet Isabelle ! Oui, ce « rosaire », aux couleurs désormais quelque peu délavées, avait touché le cœur marial de Stefano.

Tous les trois, tout joyeux, nous prenions le chemin de leur résidence de vacances où « nous allions faire la surprise à Antonella ». Un petit bout de femme nous reçut avec bière et eau fraîches, comme si nous l’avions commandé ! Puis, on nous fit disposer de nos « appartements » (un petit nid avec deux lits et salle d’eau, rien que pour nous), avant de nous inviter à passer à table en famille… Peut-être penserez-vous que j’aurais dû écrire « avec leur famille »… Et bien, non, voyez-vous, car Marie, notre Maman du Ciel, avait ouvert si grand son manteau que Stefano et Antonella furent très vite bien « plus » que de simples « hôtes » ! Marie, d’ailleurs, faisait partie intégrante de leur vie, puisque depuis 16 ans, ils avaient pris l’engagement de se rendre à Lourdes chaque année. Le dizainier, à côté de l’alliance de Stefano nous avait permis de déceler ce trésor. Le parfait dîner avec leur enfants, Matteo et Andrea, à l’italienne, quoiqu’à l’improviste, entre la ronde des pasta-pizzas-parmesan-gelati, fut d’ailleurs couronné par l’offrande d’un flacon d’eau bénie de Lourdes…

Stefano exerçant le métier de représentant en joaillerie, cette escale à leurs côtés pourrait être comparable à une pierre précieuse. Nous nous sommes sentis comme dans un écrin, celui d’une douce parenté. Et, comme rien ne se fait au hasard sous le regard de Dieu, la bourgade dans laquelle nous allions passer de savoureuses heures se nommait « Pietra Santa », « Pierre Sainte ». Inutile de dire que Stefano ne s’était pas posté entre nous « par hasard ». Il fut véritablement « l’envoyé de Dieu »… juste pour nous redire encore et encore que nous devions compter sur Sa providence !

 

 

Et quelle ne fut-elle pas lorsque, le matin, au petit déjeuner, avant notre départ « prévu », Stefano nous proposa de rester et que nous le prenions ‘au mot’ ! Sa seule ambition de ce samedi était d’aller à la plage avec Antonella. Ils nous proposèrent cette parenthèse, sûrs que « cela » pouvait faire partie de notre pèlerinage.

Et cela fut bien « plus » qu’une parenthèse. Une tranche de vie, de famille partagée, pleine d’inattendus, de gratuité. Nous avons été les enfants gâtés du Bon Dieu ! Baignade matinale, main dans la main (oh, oui, partagé, même un plongeon c’est meilleur !), ballade entre hommes sur la plage, repos et partages émouvants entre femmes, les pieds dans le sable chaud, dîner typique à la toscane… (sans omettre, comme à chaque entrée, les incontournables pâtes, de quelques préparations que ce soit !), arrosé d’amis venus nous rejoindre pour la fameuse gelati, en plus du Chianti.

 21.8.2010.Les amis italiens

Après la messe de 8h00, et le fameux capuccino-croissant du dimanche matin, le frère de Stefano, sa femme et leur cousin venaient prendre le « relais ». Cela ne fut pas sans un « fructueux » échange ! Les deux frères cogitèrent tous les possibles pour nous préparer la suite ! Ils nous procurèrent l’adresse de prêtres pour les deux étapes à venir.

Mais il fallait donner notre coup de klaxon de départ… Cette pensée, de la bienheureuse Anne-Marie Javouhey, que nous découvrions quotidiennement avant de nous mettre en selle, raviva ce que nous venions de vivre auprès de nos amis : « Pouvons-nous trop aimer un Dieu qui nous fait tant de bien ? »

22.8.2010. Anges Stefano,Antonella,le frere et le cousin

L’au-revoir fut des plus émouvants, les sanglots étouffés de Stefano sur mon épaule, les yeux cachés de chacun sous nos verres sombres. Car, oui, ce moment avait été vraiment un moment de lumière ! Et quand Dieu passe, tout rayonne ! Qu’il est doux d’avoir des « frères » ! En quittant la chambrée, Stefano me murmura : « ici, c’est chez vous, quand vous revenez » ! Nous prenions ensemble l’engagement de nous retrouver à Lourdes à notre retour… Marie continuait la route avec nous !

23.8.2010.Basilica s. Piero a Grado 

Nous pédalions donc tranquillement vers la Basilique San Piero a Grado, lieu où Don Mario avait été prévenu de notre passage. Vive les ricochets du Bon Dieu, par l’intermédiaire de notre ange Stefano !

22.8.2010.Pise

Ce chemin nous mena à un petit détour pour une des tours les plus connues au monde : Pise. Magnifique ensemble architectural à quelques kilomètres de la capitale mondiale du marbre. Belle harmonie où la surprise fut de voir que la deuxième curiosité de ce lieu était… deux pèlerins à bicyclette ! Les questions affluaient de toutes parts !

23.8.2010.Don Mario di Basilica s. Piero a Grado 

Notre Don Mario fut à l’heure au rendez-vous programmé par nos anges ! Nous avions une salle du presbytère, (occupée déjà par quelques virulents moustiques), à notre disposition, à l’ombre d’une splendide basilique du XIème siècle ! Quelle ne fut pas notre enthousiasme lorsque le « padre » nous invita à manger une gelati, au coin de la rue… Je ne me cache pas ; vous avez repéré mon péché de gourmandise… Que Dieu me vienne en aide dans ce pays où cette douceur vous laisse sans voix ! Y a-t-il effectivement un mot pour décrire cette « merveille » : Un cornet dégoulinant d’une crème glacée aux mille et un parfums ! Petit clin d’œil vers notre Père Régis… Il est rassurant de partager certains défauts !! Mais je pense qu’il est préférable d’attendre le prochain pays pour aller « à confesse » pour ce péché !

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