Nous allons vivre un "petit" pèlerinage tour du monde, UN tour à DEUX à QUATRE roues... à la découverte de toi, de moi, à la rencontre des autres, à la suite du Christ et du Bouddha, sur les terres d'ici vers un là-bas...
Rome,
Un coup de pédale pour avancer,
Au cœur de notre plus intime secret…
Et laisser grandir l’union de notre amour
Qui de jour en jour prend un goût de toujours…
Nous arrivions donc en ce 2 septembre, épuisés et « empollués », tendus, stressés par une fin de parcours difficile et incontournable, par des « trois voies » à traverser, des camions à éviter… Après quelques détours, le havre de paix d’une ruelle, Via dei Riari. Un portail entr’ouvert, une sœur à intercepter « au vol »… « Nos » petites sœurs du Saint Sacrement de Valence nous avaient fait le précieux don de l’adresse de leur maison romaine… Nous l’avions gardée et enregistrer dans le GPS avant d’atteindre… l’inatteignable ! La mère supérieure n’était pas là, mais Sœur Theresa prit gentiment les devants, en nous offrant une petite chambre ! Quel plus beau cadeau, inespéré (alors que nous ne pouvions guère prévenir à l’avance) ! Un oasis de paix et de prière, un jardin de palmiers et d’orangers… au cœur de ce tumulte, pour deux pèlerins, assoiffés de tout et heureux d’être arrivés !
Assoiffés et affamés, certes ! Au premier degré aussi ! Nous avions pédalé dans une « fugacité » telle que notre « repas » du jour fut, à une pause-pipi, le pêcher du Bon Dieu : des pêches mûres à point n’attendant que nous pour être dévorées, avant de se taler au sol ! Imaginez, à notre arrivée, au-delà des 16h00, notre désir de nous doucher et d’avaler toutes les « pizze e pasta » pour apaiser nos ventres gargouillant !
Mais notre faim de découvrir la Piazza San Pietro l’emporta : à 15 minutes à pied, nous partions en petits touristes à l’aventure ! Intenses émotions, bras dessus-dessous, au soleil descendant ! Une place grouillant encore de voyageurs intemporels, un recueillement en ce lieu, et une chasse au meilleur-resto-pas-cher de Roma ! Festin de lasagne-pizza savouré goulûment et un retour largement anticipé avant l’extinction du feu de 21h30 chez « nos » petites sœurs. Oui, la fatigue nous avait enveloppés de son doux manteau et nous voulions être frais pour la messe du lendemain de 7h30.
La rencontre avec la mère supérieure après l’eucharistie de cette nouvelle journée du 3 septembre fut suivie du petit déjeuner offert par la communauté : caffè-latte costaud, qui aurait dû nous mettre le cœur en « bombe » pour des plombes ! Non, l’épuisement l’emportait. La première nuit demande toujours une « acclimatation »… Nous profitions donc de la matinée pour « ne rien faire », sinon nous reposer…
Dans cette atmosphère « coton », sous un chaud soleil de début d’après-midi, on prit la direction du centre ville, à la recherche d’un « bouibouis » avant celle du séminaire français, où je souhaitais revoir un ancien ami prêtre et accompagnateur spirituel, Vincent. Les affamés que nous étions ne mirent pas longtemps pour trouver de quoi se rassasier. Les légumes nous manquaient, l’envie de poisson, le tout sur la formule « menu » très abordable et nous voilà attablés.
L’endroit « simple mais chic » fut à la hauteur d’un plat raffiné… Et ce plat raffiné fut à la hauteur d’un événement, d’un grand événement que je, nous, souhaitons vous partager… tout spécialement…
Entre deux bouchées, William me fit… une demande…
une demande de vie,
une demande de respiration,
une demande d’amour…
une demande… de fiançailles !
Nous étions le 3 septembre, nous fêtions aujourd’hui nos « un an et quatre moi », nous avions pédalé quelques kilomètres d’un cœur à l’autre, et pour parfaire ce bouquet, nous vivions notre première journée dans la « ville éternelle », où une immense respiration spirituelle exhalait !
William laissa donc fleurir sa demande sous le regard de Dieu et dans l’action de grâces que nous Lui « devions ». Nos émotions, mêlées de nos larmes, coulèrent dans une gorgée de vin et arrosèrent les fleurs de notre bonheur !
Si le café du matin n’avait réussi à dynamiser nos corps, cet inouï inattendu nous transporta dans un tout autre « état » ! Etait-ce dans cette même action de grâces qu’au cours et au détour de notre chemin, main dans la main, nous visitions chaque église, cachant chacune d’elles un trésor… LE trésor !
Nous ne dérogions cependant pas des petits objectifs du jour. Personne n’avait encore pu nous renseigner sur les dates de retour du Saint Père à Rome. Recevoir la bénédiction de Dieu par le Pape était un de nos buts principaux de notre passage dans cette magnifique cité. Le Père Vincent était absent du séminaire. Je lui laissais donc un message. Jean, « fœtus prêtre » du diocèse de Toulouse et nouveau séminariste à Rome, se trouvait à ce moment-là, un peu « perplexe », car en avance de deux jours sur sa rentrée. Nous lui proposions de faire quelques pas romains ensemble et, sous ses conseils, allions en quête d’une bonne gelateria. L’échange plaisant, nos agendas libres, nous convenions de déjeuner ensemble le lendemain.
Notre aventure amoureuse se poursuivit, entre ruelles et clochers. Nous ne comptions plus les églises sur notre chemin, mais le retour chez « nos » sœurs dura deux fois plus de temps que nous aurions pu l’imaginer ! Le soir, dans la lumière intime du jardinet du cloître, nous festoyons autour d’une bonne salade de la mer improvisée et célébrions l’intensité de l’existence… partagée à deux !
Qu’il était bon de commencer la journée par l’Eucharistie, le vrai cœur à cœur avec Dieu, avec Celui qui est La Paix, avant de se « jeter » dans la frénésie de la foule ! Car Rome ne connaît vraisemblablement pas de « repos » de ses touristes ! Œuvres d’art, Panthéon, églises, pizza et gelati, nous partagions ce samedi un bon moment avec Jean. Nos pas nous menèrent ensuite jusqu’à la Trinité des Monts, où la curiosité de la découverte du lieu était mélangée au désir de savoir si « nos » Fraternités de Jérusalem (communauté religieuse dont nous sommes « de cœur » à Strasbourg) étaient de retour de leur retraite estivale. Quelle chance ! Nous étions introduits auprès du frère Matteo alors que la majeure partie de la communauté ne rentrait que cette nuit. Nous projetions de revenir vivre avec eux la messe du lendemain.
Ce dimanche, quelle ne fut pas la joyeuse Providence du Seigneur ! Des amis alsaciens, Malou et Georges, venaient d’arriver à la maison d’accueil des Fraternités pour aider au service… Après un échange avec quelques frères et sœurs au pot de l’amitié suivant la messe, le couple d’amis bien entourés déjà, nous invita à se joindre à eux autour d’une pizza. Ensemble, échangeant allègrement, nous arpentions tout joyeux les via, piazza, ristorante, chiesa…
Lundi 6 septembre, personne ne pouvait encore nous renseigner sur les activités de notre cher Pape. Serait-il de retour pour l’audience de ce mercredi ? Nous profitions de ce créneau libre pour faire une visite-vélo de hauts et beaux lieux : églises (Saint Ignace, saint Clément, saint Jean de Latran…), la piazza Venezzia, le Colisée, et quelques belles rues dont celles du Circo Massimo, des termes de Caracalla... Somptuosité de la main de l’homme à travers les âges… Nous étions submergés par tant de découvertes, de foi sculptée et architecturée, de richesses…
En fin de journée, le Père Vincent m’appela et nous donna rendez-vous pour le lendemain soir autour… d’une pizza ! Spontanément, il nous proposa de célébrer ensemble l’eucharistie, un matin, à Saint Pierre… Nous voulions précisément lui demander une messe pour marquer nos fiançailles… Vous pensez ô combien nous avions hâte de le rencontrer pour partager cela et lui annoncer notre nouvelle…
Le lendemain matin, dans l’espoir de recueillir quelques infos, et peut-être un billet pour l’audience du Saint Père, nous allions au Vatican, à la porte de bronze. Comme deux enfants tout fous de joie, nous redescendions les marches avec les deux entrées orange que venaient de nous remettre les gardes suisses ! Quelle chance, notre Pape était de retour de ses vacances !
Nous prolongions la visite par les tombes des papes dans la « grotte du Vatican ». Lieu de vives émotions, surtout en nous arrêtant prier sur celle de Jean-Paul II… Vous vous doutez qu’à cet endroit même, toutes mes intentions, pétries des vôtres, ont été déversées…
Comme nous pensons que « rien n’est trop beau… pour Dieu, donc pour nous ! », nous partions ensuite à la quête d’un dizainier en or que l’on souhaitait faire bénir lors de notre engagement… Notre recherche fut ce matin-là… vaine ! Les mauvaises tailles, les prix… rien ne convenait ni pour notre cœur (exigeant de trouver le même modèle), ni pour notre bourse ! Nous rentrions bredouilles.
La soirée auprès du Père Vincent fut… d’une qualité imparable ! Plaisir des retrouvailles, de la rencontre, raffinement à tout niveau… La pizzeria fut troquée par un restaurant comme vous ne pouvez l’imaginer ! « L’Eau Vive »… Une statue de Marie nous accueillit, à gauche, alors que le regard malicieux de la Petite Thérèse de l’Enfant Jésus nous souriait, à droite ! Au milieu, une sœur africaine toute rayonnante exprimait son vif bonheur d’accueillir Vincent et ses deux hôtes ! Et, cela pour notre plus grande joie aussi ! La finesse de ce moment, de ce repas, l’émotion de partager l’avancée de notre chemin de vie furent nourries par le chant de l’Ave Maria, que nous entonnions tous en chœur, en cette veille de fête de la Nativité de la Vierge Marie ! Ah, oui, elle nous accompagne notre petite Maman des Cieux
!
Nous sortions légers, radieux, nous laissant guider, dans les ruelles grouillant encore de monde, par Vincent qui, pour couronner cela, nous offrit une des meilleures gelati (et oui !!!) que nous n’ayons dégustée ! Nous nous quittions, fixant de nous retrouver ce jeudi, à 7h00, Piazza San Pietro !
Les grâces se succèdent ou se précèdent ! Ce 8 septembre, de bon matin, après notre messe partagée chez « nos petites » sœurs, nous faisions la queue sous un soleil déjà très chaud pour nous rendre salle Paul IV. L’attente mérita ce fort moment de notre vie ! Quelques 8 à 10000 pèlerins furent présents de par le monde, autour du Saint Père, au nom de l’amour de Dieu, pour recevoir Sa bénédiction. La foi est bien vivante ! Nous en attestons ! Instant fort de communion avec chacun d’entre vous, vous le savez !
En sortant, nous visitions le Père Vincent dans ses bureaux, Place Pie XII. Il nous indiqua alors une ruelle où nous pourrions peut-être trouvé l’objet de notre souhait ! Ce qui fut le cas ! Une forte pluie, rare en ce lieu, vint rafraîchir notre soirée…
Jeudi 9 septembre, 6h00… Nous étions étonnamment debout à l’aube… Et pour cause… enfin, pour grâce ! Après un « brin de beauté » (nous ne savons plus vraiment ce que cela est !), nous quittions notre petit couvent pour arpenter les ruelles, encore un peu désertes, menant à Saint Pierre. La lumière de l’aurore inondait la Place. Vincent nous ouvrit le chemin jusqu’à l’intérieur de la Basilique…
Une chapelle en sous-sol nous accueillit. Un enfant de chœur, des petites sœurs… se joignirent spontanément à nous (à défaut de ne pouvoir être entourés de celles qui nous recevaient, pour diverses raisons). Le Père Vincent nous fit le cadeau de cette célébration toute spéciale au cœur du pèlerinage de notre vie, de notre amour ! Fort moment d’action de grâce, de recueillement, puis de la bénédiction de nos fiançailles, avec l’échange de nos dizainiers… Les pensées de Dieu ne sont-elles pas bien au-delà de nos pensées ?
Merci à toi, Vincent !
Merci à toi, Seigneur pour Tes imprévus, Tes possibles fous, débordants de Ton amour !
La joie terrestre de ce moment céleste fut prolongée par le petit déjeuner en terrasse avec Vincent avant son travail du matin, à la Congrégation de l’Education Catholique. En le quittant, alors que nous retournions à la Basilique, les sœurs présentes à la messe du matin nous félicitèrent chaleureusement. Nous restions encore un moment dans la respiration et la prière de ce que nous venions de vivre, dans les entrailles de cette église irradiante de la présence de tous ses papes.
Pour partager la joie de ce moment, « nos petites sœurs » ou « petites mères » - oserai-je dire - nous avaient invité à manger avec elles ! Douceur de ces femmes qui nous accueillaient, et qui nous avaient portés dans leur prière du matin !
(PS - Réponse un peu tardive à toi, Martine Stiene : j’ai gardé mon portable et avais reçu ton gentil coucou !)