Nous allons vivre un "petit" pèlerinage tour du monde, UN tour à DEUX à QUATRE roues... à la découverte de toi, de moi, à la rencontre des autres, à la suite du Christ et du Bouddha, sur les terres d'ici vers un là-bas...
Dur de quitter un lieu comme Latroun, avec ses moines, son havre de paix, toute la générosité dont nous avions bénéficiée…
Dur de quitter « l’auberge » où le Christ nous rejoint pour Se donner !
Mais nous étions aux portes de notre « but », celui de notre cœur, celui du cœur de Jésus… JERUSALEM !
Nous savions que les derniers tours de roue ne s’avéreraient pas faciles. Un dénivelé de 700 mètres nous attendait. Frères Antoine et François nous escortèrent jusqu’à la sortie…
Une journée d’autoroute, de bande d’arrêt d’urgence réduite, de camions fous, de crevaison, de rude ascension,… ce 20 décembre.
Et,
« Enfin notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (Psaume 121).
Enfin… presque car, Jérusalem atteint, il nous fallait encore trouver le chemin du Home de Notre-Dame des Douleurs où nous avions prévu de nous arrêter.
Cette maison de retraite, située juste au pied du « mur de la honte », était ce lieu même où quelques 7 années auparavant, j’eus l’occasion de me rendre comme volontaire. Sauf que, tout à coup, un gros « crac » retentit du vélo de William (le moyeu cassa et 2 rayons ne tenaient plus), que le Gps ne situait pas l’endroit où nous voulions nous rendre (le mur faisant obstacle), que la nuit tombait, avec son manteau de froid lié à l’altitude, que je ne me souvenais plus exactement du chemin…
Après avoir tergiversé, demandé à plusieurs personnes notre route, sans que qui que ce soit nous en indique la même direction, nous acceptions de nous faire « arnaquer » par un bon taxi chrétien qui connaissait la communauté des sœurs françaises !
Il embarqua bagages, remorque et nous ouvrit la route. La roue du vélo de William tint bon. Nous traversions la vieille ville, pédalions le long des remparts, passions devant Gethsémani, à vive allure, éclairés par une lune éclatante. Et, enfin, nous atteignons notre « home »…
Enfin ! Après tant et tant de coups de pédales, de coups d’effort, de coups de rencontres, de coups de grâce, de coups d’amour… Nous arrivions dans ce lieu où nous allions séjourner quelques temps, entre service auprès des pensionnaires, partage de vie avec les sœurs et d’autres volontaires, visite de la ville sainte…
Joie de retrouver certains, d’embrasser certaines, (sœurs Marie-Dominique, Odile, Marie…) restés gravés dans mon cœur, d’être accueillis dans un confort douillet, de ressentir l’atmosphère de Noël au milieu des diverses crèches et décorations.
Emotion de ne plus revoir celle qui était partie rejoindre son Seigneur un mois plus tôt, le sourire et les chants aux lèvres, sœur Angèle…
Pour « bien commencer », nous eûmes droit à un jour de repos, totalement épuisés, fourbus, courbaturés. La seule « mission » du jour fut d’aller à la messe et de consulter le médecin qui, avec chance, venait chaque mardi. Effectivement, la douleur au coude de William n’avait fait qu’empirer et le diagnostique tomba : tendinite aigüe, 10 jours de repos forcé…
Puis vint le premier réveil avec les réalités de ce lieu… Celles de la vieillesse, dont découlent inéluctablement celles de la mort. Lors de la célébration eucharistique de ce mercredi, nous enterrions en effet une religieuse.
Puis le petit quotidien, le simple service caché : donner à manger, faire la manucure, bichonner les uns, jouer avec les autres… Et dans l’après-midi, prendre un temps pour soi, pour nous, pour Dieu… en cette avant-veille de Noël, où même sœur Odile laissait la joie éclater dans sa douce fantaisie !
Oui, la nuit de Noël…